L'industrie typographique
 
Un atelier de typographie au XVIIIe siècle
 

Lors de l'époque des Lumières, le développement d'idées révolutionnaires et progressistes était mal considéré par le roi de France et ses ministres. Une censure importante était dès lors pratiquée envers les éditeurs et imprimeurs français.
Les écrits imprimés hors des frontières du royaume étaient cependant tolérés.

C'est ainsi que Bouillon acquit une grande renommée dans le courant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, pour avoir abrité les presses d'un de ces imprimeurs interdits en France.

Sur invitation du duc de Bouillon, l'imprimeur toulousain Pierre Rousseau (1716 - 1785) vint s'installer sous les murs du château fort en 1760, après des expériences peu convaincantes à Liège et à Bruxelles.

Il publia essentiellement des périodiques: le Journal Encyclopédique, un bimensuel diffusant des nouvelles politiques et littéraires; la Gazette des Gazettes répandait des nouvelles de l'actualité; la Gazette Salutaire, qui était un journal médical; enfin, le Journal de la Jurisprudence, publication juridique.

Rousseau fonda également, en association avec son beau-frère Charles-Auguste de Weissenbruch, la société typographique de Bouillon, qui imprimait des ouvrages d'auteurs interdits d'édition en France. Elle imprima par exemple les fables et contes de La Fontaine, les Romans et contes de Voltaire ou d'autres oeuvres de pure littérature. Elle publia également des compléments à l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. La société typographique de Bouillon imprimait, vendait et échangeait des ouvrages avec d'autres imprimeurs et acquit une grande renommée dans le domaine de l'imprimerie.

Les presses furent transférées à Bruxelles par Weissenbruch en 1795, cette famille y perpétue encore la tradition d'imprimeur.